Bois de chauffage : quand faut-il le couper?

À l’approche de la saison froide, commencent les questions quant au bois de chauffage. Et pour ceux qui ont la chance de disposer de sa propre parcelle de bois, ou qui habitent près d’une immense forêt, pour réduire sa facture de bois de chauffe de manière conséquente sans en commander chez un professionnel, aller couper du bois en forêt est la solution !

Que disent les règlements ?

Couper du bois en forêt, c’est économique et écologique, car vous laissez de place aux autres arbres pour se développer, mais pour être dans la légalité certaines règles sont à respecter.

Si vous êtes propriétaire d’une parcelle, les coupes de bois pour vos besoins de consommation rurale et domestique, hors bois d’œuvre ne nécessitent pas d’autorisations préalables.

Si vous ne disposez pas de votre propre parcelle de bois, pour les forêts gérées par l’Office Nationale des Forêts (ONF), il existe l’affouage. Cette pratique remontant du Moyen-âge autorisant les serfs à couper du bois de chauffage sur les terres du fief du seigneur a perduré, sauf qu’actuellement, l’ONF tient lieu du seigneur et qu’elle n’est pas totalement gratuite, car vous devrez vous acquitter d’une taxe affouagère ! Mais en tout cas le montant de la taxe n’est pas exorbitant et coûte bien moins cher que de commander son bois.

Pour en bénéficier, contactez votre mairie et elle va vous attribuer une parcelle par un tirage au sort entre tous les demandeurs.

Attention toutefois, afin de limiter les risques de revente au noir, vous ne serez autorisé par l’ONF qu’à un prélèvement de 30 stères/foyer par an au maximum.

Outre le matériel nécessaire pour la coupe (tronçonneuse disposant d’un système de sécurité, hache, serpe…), pour votre sécurité, l’EPI (équipement de protection individuel) adapté est indispensable (lunettes de sécurité, casque forestier à visière, gants de protection, chaussures de sécurité…), sans oublier un pantalon ou des jambières anti-coupures, car les accidents pendant les coupes interviennent en général niveau des jambes et des pieds et peuvent entraîner de lourdes conséquences.

Pour le transport du bois, vous pouvez, en général, le faire avec un petit tracteur ou un 4X4.

Quel type de bois couper ?

Le chêne, le hêtre, le frêne et le charme sont des bois durs. Ils brûlent très longtemps tout en produisant beaucoup de chaleur.

Quant aux bois tendres comme les arbres fruitiers, le pin, le sapin, ou le peuplier ou les arbres fruitiers, des bois tendres, s’allument vite, mais produisent une chaleur de courte durée.

Ainsi, pour votre bois de chauffage, veillez à mélanger ces deux types de bois : les bois tendres pour le démarrage du feu et les essences dures pour son entretien.

Mais éviter les résineux comme les conifères, sinon utilisez-en le moins possible : ils encrassent le conduit de votre cheminée ! Et aussi le châtaignier : en brûlant, il éclate d’où un risque d’incendie surtout pour les foyers ouverts.

Une fois, l’arbre abattu, éliminez à la serpe les branches du tronc. Si les plus petites sections vont servir de petit-bois pour l’allumage du feu, les plus grosses (jusqu’à 30 cm de diamètre) seront gardées pour être débitées en bûches.

Et si vous avez un jardin, en récupérant les déchets et les copeaux, vous faites encore un autre geste écologique qui permettra de pailler vos plantes et d’empêcher la prolifération des mauvaises herbes.

Quelle est la meilleure période pour couper votre bois de chauffage ?

Généralement et c’est le meilleur moment, la coupe se fait quand l’arbre contient le moins de sève possible. Ainsi, la période propice est en lune descendante et pendant la période hors sève : l’hiver.

bois de chauffage

Pour les plus spécialistes, idéalement, la période de coupe intervient entre la chute des feuilles et le solstice d’hiver (21 décembre) : les arbres sont en repos végétatif et le soleil descendant.

En ce moment, la sève redescend dans les racines pour affronter la saison froide, mais faites attention à ne pas dépasser la date du 15 mars, après cette date commence la remontée de la sève dans l’arbre.

En tout cas, quand la présence de sève est à son niveau minimum, le développement de moisissures et de parasites dans votre bois de chauffage sera réduit et ses qualités calorifiques améliorées en conséquence.

Comment stocker de façon optimale son bois ?

Pour la préservation des qualités des sols de la forêt et pour éviter de porter préjudice à la végétation, le débardage du bois se fera soit quand les sols sont gelés lors des grands froids, soit quand les sols commencent à sécher au mois de mai ou juin.

En France, le transport du bois hors du lieu de coupe se fait essentiellement pendant les mois de novembre et de décembre, suivi de la mise à séchage pendant deux ans pour avoir un bois parfaitement sec.

En effet, le taux d’humidité du bois vert étant situé entre 40 à 50 %, après 6 et 18 mois de séchage, on obtient un bois « demi-sec » avec un taux d’humidité de 30 à 40 %. Et le taux optimum, entre 15 et 20 %, est obtenu après 18 à 24 mois de séchage, une condition essentielle garantissant un bois de chauffage de qualité!

Notons qu’il existe d’étuves qui permettent de sécher plus rapidement le bois et d’atteindre un taux d’humidité encore moindre, mais ces équipements nécessitent de l’énergie donc augmentent le bilan carbone de votre combustible !

Le mieux pour stocker, c’est à l’extérieur, sous un abri bûches bien ventilé ou sous une bâche perspirante, en tout cas toujours en maintenant une aération. De plus, pour améliorer le séchage, et la combustion ultérieure, mieux vaut fendre le bois avant le stockage.

Particulièrement pour le chêne, en le laissant sécher dehors sous la pluie permet de lessiver ses tanins qui nuisent à sa combustion.

Et pour toujours disposer du bois sec, en disposant d’un espace de stockage suffisant, vous pouvez vous constituer un stock sur deux ans.

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